2012 Grèce, Le retour à la terre


Depuis quelques mois, une armée de « nouveaux pauvres » débarque dans les îles grecques. Chefs d’entreprises en faillite, jeunes diplômés ou commerçants, ils ont fui la capitale, pour tenter leur chance dans les Cyclades. Un phénomène baptisé « le retour à la terre » qui prend de l’ampleur à mesure que la Grèce sombre dans la crise. Les habitants de Chios, une des plus grandes villes du pays, voient arriver ces exilés de la crise. Poussés par le chômage, ces Athéniens n’avaient plus les moyens de payer un loyer ni de faire face aux dépenses du quotidien, en ville. C’est ainsi que Yoannis, chercheur en physique nucléaire, est retourné chez ses parents sur l’île avant de se reconvertir en mécanicien de bateaux. Alexandra, jardinière à Athènes, a ouvert un élevage d’escargots avec son compagnon. Quant à Christos, concessionnaire en faillite, il a déménager dans la maison familiale et ouvert un petit garage. A Chios, ils sont des dizaines à avoir ainsi changé de vocation. Mais ils sont encore plus nombreux à être retournés vivre chez leurs proches. Beaucoup ont également transformé leur jardin d’agrément en potager pour ne plus dépenser au supermarché. Pour ces exilés de la crise, ce retour aux sources n’est pas un choix, encore moins une question de conviction politique. C’est une question de survie.




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